Analysis

Libye: la nouvelle carte des Gaddafi

En Libye, l’argent ne fait pas le bonheur et pour certains il a du mal à mobiliser une nouvelle armée. Le fils du colonel Gaddafi fait face à certaines difficultés pour créer le noyau d’une force armée nouvelle avec laquelle il compte revenir à Tripoli.

Cependant, Seif Al-Islam Gaddafi dispose de sérieux atouts et non des moindres dans le soutien de la puissante confédération tribale des Warfalla dont le fief n’a jamais été occupé et arbore toujours le drapeau vert de la Djamahirya libyenne démantelée par l’Otan en 2011. Aux côtés des Warfallah, Seif dispose de l’appui discret mais décisif de certaines factions des Zentene, une puissante force militaire de la Tripolitaine qui le détenait depuis 2011 ainsi que des Touareg et Toubbou du Fezzan.

Seif Al-Islam Gaddafi a réussi pour l’instant à mobiliser des fonds et à rétablir le contact avec ses anciens contacts en Ukraine pour l’approvisionnement en armes dans un pays soumis officiellement à un embargo sur les armes (pas pour tous puisque le Maréchal Haftar semble avoir quelques facilités). Il dispose déjà d’une milice relativement bien armée. Une parmi les milliers qui pullulent en Libye à l’ombre de deux gouvernements rivaux manipulés par des puissances étrangères. Le défi auquel fait face Seif Al-Islam est de transformer cette milice en une force armée assez puissante pour s’imposer et fédérer les autres pôles de puissance ou de les affronter. On pense ici à la République libre de Misrata, un adversaire acharné des ex-loyalistes ou encore aux Islamistes qui tiennent la capitale Tripoli et ses environs. Les relations avec les puissantes unités de l’Armée de Hafter restent à définir et demeurent l’objet d’un immense enjeu pour l’avenir de la Libye.

Autre problème, le soutien de puissances étrangères au projet de Gaddafi fils est loin d’être gagné même si ce dernier lorgne en direction de Moscou et de Pékin. Exit donc la France, la Corée du Sud, le Danemark, les Émirats Arabes Unis, la Grande-Bretagne, le Qatar et la Turquie, pays ayant tous contribué à la destruction et à la propagation du chaos en Libye. « Ces pays n’auront pas un milime (centime) de dinar dans le vaste programme des contrats de reconstruction du pays une fois la paix restaurée » jurent les proches de Seif.

Il est donc tout à fait normal que le retour des Gaddafi sur la scène libyenne  inquiète au plus haut point les pays ayant soutenu la guerre dans ce pays.

 

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