Analysis

La coalition menée par Washington tente d’enrayer la nouvelle stratégie syrienne à Deir Ezzor au moyen de frappes aériennes

Malgré l’échec patent de leur stratégie en Syrie, et probablement à cause de la faiblesse des résultats obtenus jusqu’ici, les planificateurs de la coalition menée par Washington n’ont d’autres choix que de recourir à des frappes de drones d’attaque contre des positions des forces armées syriennes à Deir Ezzor.

Les dernières frappes de la coalition ont visé des positions militaires pro-gouvernementales syriennes entre les localités d’Al-Tanf et d’Abou Kamal dans la vallée de l’Euphrate où Washington et ses alliés utilisent la milice auxilliaire connue sous le nom de Forces Démocratiques Syriennes (FDS), un regroupement hybride de forces kurdes indépendantistes, d’anciens combattants d’Al-Qaïda, d’éléments de Daech (l’organisation État Islamique) et de groupes radicaux, pour faire perdurer le conflit.

Depuis le mois de mai 2018, les américains ont mené entre 225 et 306 frappes aériennes dans l’Est désertique de la Syrie, afin de protéger leurs alliés de l’OTAN et les milices des Forces Démocratiques syriennes et le nombre de sorties, effectuées par des drones et des chasseurs bombardiers à partir d’Irak ou de Jordanie, est en nette hausse pour ce mois de juin 2018.

La province de Deir Ezzor ne fait pas partie des territoires syriens protégés par les systèmes de défense aérienne russe et les systèmes syriens qui s’y trouvaient ont tous été redéployés autour de l’axe vital Damas-Homs. Cependant, les russes suivent en temps réel l’évolution des aéronefs étrangers au dessus de Deir Ezzor et ont appris comment traquer les avions furtifs US.

Ces frappes cachent mal un changement subtil mais bien concret du champ de bataille dans l’Est syrien: Damas est décidé à reprendre le terrain et par dessus tout à éliminer les FDS ou du moins à les neutraliser et pour ce faire, les syriens, avec l’aide active de leurs alliés russe et iranien, ont commencé à déployer une stratégie nouvelle dérivant directement du jeu de Gomoko en y encerclant au fur et à mesure les bases militaires étrangères fournissant le principal soutien aux FDS puis à neutraliser leur champ d’opération en suivant des cercles concentriques de plus en plus réduits. Une stratégie qui enrage les israéliens dont l’objectif est de créer un contre-feu en Syrie méridionale et septentrionale pour divertir les forces syriennes du Sud et du Sud-Est du pays, en l’occurrence la province de Derâa, « berceau de la guerre » et le plateau stratégique du Golan, partiellement occupé et illégalement annexé par Israël.

Les meilleurs unités de l’armée syrienne demeurent déployées entre le littoral méditerranéen et Damas et depuis un certain temps, des unités sont à nouveau redéployées dans le Sud-est, car Damas tente de maintenir la pression maximale sur le Golan. Une question centrale de la guerre en Syrie.

De son côté, Israël fait tout ce qui est possible pour soutenir la création d’une entité étatique kurde dans le Nord-Est de la Syrie. La dernière de ses cartes à jouer après l’échec de la carte Al-Qaïda, illustré par le Front Ennosra et le délitement de Daech.

Dans l’est syrien, les unités d’action des renseignements de l’armée de l’air accompagnant  des milices pro-gouvernementales, soutenues par deux sociétés de mercenaires dont le Groupe Wagner et une autre société totalement inconnue, des milices irakiennes, des volontaires venant de pays islamiques encadrés par des officiers iraniens, des observateurs de pays alliés de la Syrie tentent tous de sonder et de percer le dispositif défensif des bases militaires étrangères illégalement présentes  dans l’Est et le Nord-Est de la Syrie.

La coalition ne sait plus comment réagir à cette stratégie et les renforts de troupes émanant de pays membres de l’OTAN ou d’autres pays non membres de cette alliance ne semblent pas y changer grand chose.

Ce qui est certain pour le moment est que si les bases étrangères des forces spéciales de l’OTAN n’ont pas été prises d’assaut jusqu’à présent par les forces pro-syriennes, c’est grâce aux raids aériens US.

Une première tentative de prendre d’assaut une base militaire de la coalition en Syrie orientale a failli réussir mais l’intervention de l’ensemble des moyens aériens US déployés au Moyen-Orient ont mis en échec cet assaut meurtrier pour les deux camps. D’après des informations diffusés, plus de 224 combattants pro-syriens dont 188 irréguliers russes ont trouvé la mort dans cette bataille. Une autre source souligne que les pertes militaires pro-syriennes sont probablement bien plus élevées et avoisinent 500 morts dont près de 200 irréguliers russes. Côté coalition US, aucune information n’a filtré mis à part une déclaration du président américain Donald Trump, qui, en faisant référence à cet « incident », le premier choc armé entre russes et américains en Syrie, a évoqué que « beaucoup de gens ont péri des deux côtés ». Une source officieuse syrienne très bien informée de la situation en Syrie méridionale fait cependant état de la mort de plus de 400 combattants des FDS lors de cette bataille dont de nombreux « conseillers armés » des forces spéciales US ou des éléments de sociétés militaires privées, nombreux à opérer au sein des camps de la coalition. Une estimation confidentielle établie par les renseignements turcs de cet incident fait état de plus de 1300 morts et blessés dans les deux camps et recommande à l’armée turque de ne jamais  intervenir en cas de choc frontal entre américains et russes en Syrie.

Cet incident « primordial » aurait radicalement changé l’approche militaire russe en Syrie et l’a rendue plus subtile. S’il n’est pas question d’un affrontement frontal avec les américains, un objectif qui tente au plus haut point les factions les plus extrémistes du Pentagone pour qui-et ils y croient fur comme fer-, il suffit de frapper très durement les russes pour ce que ces derniers se retirent, la nouvelle approche russe s’appuie totalement sur une stratégie assymétrique, fluide et axée sur l’usage de milices et de sous-traitants régionaux convaincus de la nécessité de se débarrasser de toute présence étrangère à cheval entre la Syrie et l’Irak.

Pour le président Assad, la présence illégale de forces militaires de l’OTAN (et désormais hors OTAN) hostiles dans le Nord-Est et l’Est de la Syrie en vue d’un changement de régime est vouée à l’échec.

 

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16 réponses »

  1. CNN, citant un responsable américain anonyme, affirme que les attaques contre les positions de l’AAS du coté de Boukamal sont le fait des israéliens et non de la coalition, mais qui croit encore CNN ?
    Par ailleurs, les commentaires se font rares sur le site, s’agit-il- d’un effet collatéral de la coupe du monde de football ? Je ne sais, moi-même regardant quelques matchs, ne pouvant me guérir de cette passion de mon adolescence malgré ce qu’est devenu le sport en général et le football en particulier ; si tout un chacun a changé, il est aussi resté le même, ou bien, pour le dire par la plume du moraliste :
    « Pour décider qu’un auteur se contredit, il faut qu’il soit impossible de le concilier » (Vauvenargues cité de mémoire).

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  2. « Tous les militaires français à bord du bateau ont été arrêtés »
    Hudaydah : l’identité du bateau arrêté par les forces yéménites dévoilée
    http://www.presstv.com/DetailFr/2018/06/18/565329/Hudaydah-qui-sont-les-Franais-capturs-espions
    Une source bien informée yéménite a annoncé que le bateau arraisonné par les garde-côtes yéménites était français et que tous les individus à son bord avaient été arrêtés.

    La source a annoncé au journal libanais Al-Akhbar que le bateau arraisonné au large de la côte ouest du Yémen appartenait aux troupes françaises et qu’il était en mission d’espionnage.

    « Tous les militaires français à bord du bateau ont été arrêtés », a-t-il précisé sans donner le nombre exact des capturés.
    Le Figaro a annoncé, le samedi 16 juin, citant deux sources militaires françaises, que des forces spéciales françaises se trouvaient actuellement au Yémen.

    Certains responsables yéménites, dont le leader du mouvement Ansarallah, avaient averti que des militaires américains et des forces de certains pays occidentaux, dont la France, participaient aux côtés des militaires israéliens, à la guerre saoudo-émiratie contre le Yémen.

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    • s’il est fronssais, aucune chance que le président de la commission parlementaire d’un pays de l’organisation terroriste de l’atlantique nord, qui a peur de se faire repéré d’après Strategika sur son lieu de travail, ne lance une commission d’enquête parlementaire ou ne jette un pavé dans la marre.
      un de-pute n’aura jamais ce courage, parce qu’il n’est qu’un de-pute, cqfd. et comme les personnes qui en parlent sont automatiquement objectivées complotistes, jamais l’information ne sera rendue publique..
      alors qui est le moins courageux des deux: l’anonyme sur internet (même pas, on est fliqué par les sionards qui chassent tout critique d’israel sur l’internet..)
      ou le de-pute qui se fait complice par son silence des crimes de guerre et du terrorisme international de la fronsse depuis 2010 en Cote d’Ivoire, Libye, Syrie, Iraq, Yémen?

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      • L’implication de militaires français au Yémen ne date pas d’aujourd’hui et elle a débuté le jour où les chars Leclerc émiratis ont été déployés.
        Une des missions des groupes français est de garantir la non-exposition des chars aux tirs adverses et éviter la médiatisation autour de toute perte ou dommage éventuels susceptible de nuire à l’image de l’industrie militaire française.
        Des équipages de chars français ont participé notamment avec les modèles dotés des options complètes.
        Des pilotes français ont aussi été de la partie.
        Des conseillers fr sont avec les Emiratis depuis le début.
        Donc rien de nouveau. Les médias devraient faire leur boulot.

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  3. Au Yémen, 160 mercenaires de la coalition pro-Riyad capturés
    http://www.presstv.com/DetailFr/2018/06/18/565299/Ymen-160-forces-de-la-coalition-captures
    Les forces de l’armée et des Comités populaires (Ansarallah) du Yémen ont capturé, le dimanche 17 juin dans la nuit, 160 mercenaires de la coalition saoudienne lors des combats sur la côte occidentale du Yémen.

    Les forces yéménites ont, aussi, pris le contrôle entier du port d’al-Hudaydah où elles ont encerclé les forces de la coalition saoudienne.

    Les mercenaires capturés ont été transférés dans un endroit sécurisé, en dehors d’al-Hudaydah pour les garder à l’abri des raids des chasseurs de la coalition, comme l’affirme les forces yéménites, cité par Al-Mayadeen.

    Les forces yéménites accumulent victoire après victoire face aux agresseurs. Les garde-côtes yéménites ont arrêté, le dimanche 17 juin dans la matinée, un bateau appartenant aux troupes françaises.
    L’opération contre la province portuaire d’al-Hudaydah a été lancée, il y a presque un mois, sous le commandement saoudo-émirati, avec le soutien des États-Unis, d’Israël, de la France et de la Grande-Bretagne. Les combats se sont, de plus en plus, intensifiés ces trois derniers jours surtout dans le sud de l’aéroport d’al-Hudaydah que les forces yéménites défendent courageusement.

    À l’issue de vifs affrontements, les forces de l’armée et des Comités populaires (Ansarallah) du Yémen ont réussi à couper les lignes logistiques aux mercenaires, opérant pour le compte de la coalition d’agression saoudienne, dans trois régions. Une partie des mercenaires a été encerclée et une autre contrainte à se retirer de la zone

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    • « Les forces yéménites ont, aussi, pris le contrôle entier du port d’al-Hudaydah où elles ont encerclé les forces de la coalition saoudienne. »
      Les forces yémenites n’ont jamais perdu le contrôle du port et de la ville d’Al-Houdaida, ce sont des bobards de guerre de la presse du Golfe et d’Occident, elles encerclent les salapistes non dans cette ville, mais dans trois poches le long de la côte comme le montre la carte ci-dessous : (en vert : salapistes, en rouge : armée et comités populaires)

      Aimé par 3 personnes

      • Il n’y a pas encerclement vu qu’il y a ravitaillement par voie maritime. Diriez-vous que les troupes américaines sur la rive orientale du rhin après avoir passé le pont de Remagen étaient encerclées. Les troupes alliées en juin 1944, jusqu’à la percée d’Avranches étaint dans une situation similaire. Etaient-elles encerclées ?

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        • Certes, l’encerclement est uniquement terrestre, mais je serai tenté de détourner la célèbre parole de Tark Ibn Ziad à ses soldats après avoir fait brûlé les vaisseaux qui les ont amené en Espagne : l’ennemmi est derrière vous, et la mer devant. Plus sérieusement, ces mercenaires ont perdu beaucoup des leurs, de leur engins blindés, n’ont aucune motivation et souhaitent uniquement sauver leur peau et toucher leur argent. Quant au ravitaillement par mer, il est très problématique comme l’ont montré le torpillage d’une vedette émiratie il y a envion une semaine, ou l’arraisonnement d’un bateau français il y a deux ou trois jours. Donc plus d’armement lourd, mais, à l’instar de Tsahal en 2006 au sud Liban, on peut leur livrer par air de la nourriture et de l’eau. Ajoutez à cela qu’ils sont en permanence harcelés par des petits groupes d’une demi-douzaine de guerriers aguérris, très motivés et très mobiles. Ils sont dans ce que Sun Tse appelle un lieu de mort. J’ajouterai que la vaillante coalition n’hésite pas à bombarder depuis le ciel ses propres mercenaires lorsqu’ils s’enfuient, ce qu’ils ne sont que trop enclins à faire : chose effectivement advenue aujourdui’hui même.

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