Analysis

La Belgique opte pour le F-35 ; l’Arabie Saoudite maître du sort du futur avion de combat franco-allemand

La Belgique a choisi l’avion de combat US Lockheed Martin F-35 Lightning II pour renouveler sa flotte vieillissante d’appareils General Dynamics F-16 au détriment de l’Eurotyphoon et du Dassault Rafale.

Au delà des considérations politiques internes inhérentes à la Belgique et d’autres, externes liées au jeu d’équilibre européen et le poids de l’Alliance atlantique, le choix du F-35 parie sur l’avenir de cet plate-forme de combat  appelée à être développée durant les quarante prochaines années.

Le Typhoon et le Rafale sont des avions de combat aux prestations équivalentes dont l’exportation fut quasiment soutenue par un seul pays fort influent :  l’Arabie Saoudite. C’est Ryad en effet qui a déterminé et financé la vente de Rafales à l’Égypte et pèse de tout son poids sur ses partenaires du CCG et notamment les Émirats Arabes Unis pour faire de même dans le cadre d’un lobbying contraignant. C’est encore Ryad qui a été derrière le succès à l’export du Typhoon que son armée de l’air utilise dans la guerre insensée du Yémen. Une guerre qui commence à agacer Washington pour des raisons liés à d’autres priorités strategiques.  
De ce fait, le simulacre de Paris sur d’éventuelles suspensions de ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, tel que préconisé par Berlin, fait sourire les puissants dirigeants saoudiens.
Ni le président Macron pas plus ses prédécesseurs n’ont les moyens d’imposer un embargo sur les armes sur le pays ayant propulsé la France à la troisième place du podium mondial des principaux pays exportateurs dans le monde.
La maîtrise saoudienne de ce segment vital de l’économie européenne est tellement absolue que Ryad a le pouvoir de faire échouer dès maintenant le projet futur d’un avion de combat conjoint franco-germanique. 
Berlin le sait et si ses excédents commerciaux lui permettent de mettre la pression sur Ryad en suspendant de le lui livrer des armes, ce n’est nullement le cas de Paris dont c’est le seul débouché possible.
Cette situation inédite s’explique par les politiques  de l’État français durant ces vingt dernières années et qui ont transformé la France en une sorte de VRP ne cherchant qu’à rechercher des marchés pour les quelques grands groupes privés de France. Ryad a répondu à cette obsession non sans arrières pensées et de fait la France s’est retrouvé de facto en position de vassal vis à vis de pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar.

Les belges ont donc opté pour l’avenir. Si le Typhoon et le Rafale restent de très bons appareils de combat, éprouvés au combat (dans des conditions optimales de sécurité, marketing de l’image oblige),  ils n’en demeurent pas moins les produits d’une ère révolue où les ingénieurs avaient leur mot à dire dans la conception d’un aéronef et pour la France, une volonté certaine d’une certaine autonomie dans ce domaine de pointe. Une Volonté évaporée depuis le passage de Sarkozy à l’Elysée et la transformation structurelle de la posture de l’État français d’une forme traditionnelle à une forme diluée dans la globalisation et l’alignement total aux grands ensembles supranationaux.

Cela nous ramène à cette question simple en apparence :  si le projet du futur avion de combat franco-allemand, sensé  remplacer à moyen terme le Dassault Rafale en France et le Typhoon en Allemagne, tombe à l’eau, quelle sera l’alternative ?  Le F-35 ?  C’est pas pour rien que les lobbyistes de Lockheed Martin intensifient leurs démarches en ce sens.

Donc les belges n’ont pas trop à s’inquiéter pour l’avenir. Il leur faut juste surveiller quelques oiseaux migrateurs ayant une drôle de propension d’être attirés par les entrées d’air du F-35…

 

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10 réponses »

  1. Les canons 30mm se sont révélés très utiles en Syrie.
    Le BVR c’est de la poudre de Merlin.
    En cas d’ usage intensif de bombes à micro-ondes et d’EMP, après la mise hors service des satellites de localisation et de relais du signal, j’ai fort à craindre que la moitié des stars du BVR seront inutilisables.
    Un A-10 ou un Su-25 auront alors plus d’intérêt que des ailes volantes bardées de systèmes embarqués.
    Dans le cas d’un échange de missiles de théâtre avec des ogives NBC sur une aire s’étendant des confins du Dniepr jusqu’à la Somme, même un vieux Blériot robotisé, armé d’une vieille pétoire ou crachoir pourrait s’avérer utile.

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  2. Je ne saisi pas bien le raisonnement. Les Belges, sans vouloir déplaire à quiconque, n’ont nul besoin d’un F 35, sauf à faire d’eux une ( petite ) annexe ) de l’USAF. À peine auront ‘ils le droit d’y passer le chiffon à poussière. En revanche, ils vont SALEMENT cracher au bassinet pour le faire. Où est l’avenir là de dans ?
    Pire encore, ils vont hériter d’une véritable ruine technologique : leurs engins ne voleront jamais, comme ceux d’Israël. Encore une fois : où est l’avenir.
    Inversement si on ose le dire, c’est pas mieux pour la France et l’Allemagne : effectivement le KSA deviendra l’arbitre de leurs chamailleries pour l’hypothétique avion de la X° génération. Or, il est clair que la Luftwaffe aura toujours plus de « gueule » que l’Armée de l’air. Moyennant quoi, les Allemands prendront le lead et Dassault devra s’en accommoder. Mais le problème n’est pas là : quid du KSA lui-même dans les années qui viennent ? La condition impérative de géopolitique indique « pas grand chose », sa liquidation n’est qu’une question de temps. géopolitique est un impératif incontournable car c’est une totale incohérence. Ce n’est qu’une question de temps, qui vient d’ailleurs de s’accélérer brutalement avec la sinistre et très tordue affaire du consulat saoudien en Turquie. Un signe prémonitoire de ses contradictions insurmontables donc.
    En clair, il n’est pas possible de distinguer la bonne de la mauvaise Europe s’agissant de « l’avenir » . Quand on vend sa « virtu » pour le prix d’une passe, que ce soit en euro ou en dollar on reste une p… .
    N’en déplaise aux derniers tenant du drapeau – mais combien parmi eux combien on réellement tenu une arme en situation périlleuse ? – leur Europe rêvée est bien devenue vénale, pitoyable, et si fière de l’être qu’elle est déjà foutue. Ce qui fait se marrer pas mal qui la regarde de l’extérieur.

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  3. Le projet franco-allemand à un air de famille avec le F117, une aile volante sans dérive et sans plan canard, j’ai de sérieux doutes quant à son agilité en dog fight. À moins que cela veuille dire que la BVR fera tellement de progrès qu’il n’y aura plus plus de dog fight. Plus de canons 30 mm. Si c’est pour faire comme les mig 21 qui s’étaient pris une branlee par les mirage 3 et les phenom 4 c’est une mauvaise idée. En tout cas silhouette bien plus fluide que le F35 qui ressemble à une charentaise volante.

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  4.  » la Belgique était devenu un des plus grand détenteur d’obligations du trésor US  » : non, pas la Belgique en tant que telle (ni Jersey, ni …), cela signifie seulement que certains acheteurs sont passés par des fonds basés en Belgique (à Jersey, à …) plutôt que par, ou à la place, d’une autre place. Il ne s’agit probablement pas « d’argent belge ».

    La FED indique seulement lequel de ses correspondants étrangers autorisés détient dans ses livres (ceux de la FED) telle créance sur les US et ses dollars ; ce correspondant gérant lui-même le véritable propriétaire de la créance. Il serait ainsi parfaitement possible que ces Treasuries appartiennent en réalité à la FED elle-même, qui, par ses véhicules (type Maden Lane), en fasse passer l’écriture (la trace) comptable de son propre compte national (et publié) à celui d’un de ses correspondants ; ou tout aussi bien d’un fonds chinois passant de la City à Bruxelles.

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  5. il y a quelque temps juste après la fin du QE de la réserve fédérale américaine, la Belgique était devenu un des plus grand détenteur d’obligations du trésor US en échange les banque américaine lui avait sans doute prêter non seulement de quoi acheter les T-Bond US mais aussi suffisamment de dollars pour permettre aux système bancaire belge de se renflouer .
    l’inconvénient avec les prêts c’est qu’il faut les rembourser et si ont ne le peut pas alors on est tenue en laisse et totalement soumis aux quatre volontés de ses usuriers !
    << La Belgique a choisi l’avion de combat US . . . >>
    la liberté n’as pas de prix mais elle a un cout !

    Aimé par 1 personne

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