Analysis

Le Bon, la Brute et le Truand ont toujours eu un motif unique

Dans un monde où le pognon est roi, le prince héritier Muhammed Ben Salman ne risque rien.

Nommé de facto chef des services des renseignements, ministre de la défense, commandant en chef de la garde royale (formée à 90  %  d’étrangers) et grand donneur d’ordre à des Benalla locaux excellant dans l’excès de zèle, ce n’est pas demain soir qu’il sera inquiété par une quelconque justice internationale.

Le président US Donald Trump a trouvé sa vache à lait. Et l’enfant terrible des Saoud est fameux pour sa légendaire prodigalité : 110, 210, 450, 600 milliards de dollars, no problem. 

Cela nous ramène à re-évaluer la moralité fort douteuse de toutes ces myriades d’ONG et autres associations, clubs, émanations fantomatiques à forte odeurs nauséabondes qui s’activent subitement sur commande pour taper sur une cible en général pauvre et incapable de payer la moindre dîme.

Dans le cas saoudien, on a affaire à des riches et ce mot est faible. Personne n’a remis en cause la moralité ou les faits des Rothschilds, des Rockfellers, des Morgans, des Goldmans, des Astors ou encore des Medicis en leur temps.

Or les Saoud sont un des piliers de l’ensemble du système capitaliste mondial contemporain.

La pauvre Union européenne peut très bien faire semblant d’émettre un petit communiqué ou deux fort prudents car on sait jamais, une OPA est vite arrivée et les consciences sont si vulnérables à l’attrait des richesses de ce bas monde qu’il n’est pas improbable que MBS se voit décerner le prix Sakharov pour la haute teneur humanitaire de ses oeuvres.

Moralité : à partir d’un certain seuil de richesse, ostentatoire si possible, aucun blâme n’est possible.

Nous vivons dans un monde exclusivement matérialiste où l’ethique,  les religions, les idéologies ne sont que des « outils » dans la manipulation des masses.

On nous a intoxiqué avec un flot ininterrompu de mensonges. Cela a marché un temps. Maintenant, on ne se cache même plus derrière des paravents.

Le président US demande à MBS plus de pognon dans le pur style du film « Le Bon, la Brute et le Truand » de Sergio Léone. MBS devient mécène avec l’étranger et se transforme en Al Capone avec les grands de son royaume, un royaume qui porte le nom de la dynastie régnante. Face aux faibles, c’est le niveau zéro de la dictature caricaturale avec son lot de bombes et de démembrement à l’acide sulfurique.

Elles sont chères les bombes larguées sur les yéménites affamés mais il faut bien nourrir les ouvriers et techniciens britanniques, français et autres. Hunt a raison lorsqu’il déclare devant la Chambre des Communes que la Grande-Bretagne ne peut se permettre de suspendre les livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite. C’est un enjeu de survie.

Bon pour les enfants du Yémen ou d’ailleurs, c’est la sélection naturelle. Déjà qu’il y a trop de monde sur terre. Les guerres sont utiles de temps en temps et si Malthus était encore en vie, il aurait félicité les tenants du système économique pour le cycle production-destruction festif et meurtrier.

Croyez-vous qu’il n’y a que les bombes qui tuent ?  La canicule tue ; La grippe saisonnière tue ;  Le tabac tue ;  Les ondes GSM tuent ;  les médicaments tuent ;  la sédentarité tue ;  l’État tue ;  les ondes électromagnétiques tuent ;  le mensonge tue ;  le sel tue ;  le sucre tue ;  les pesticides tuent ;  l’automobile tue ;  la pollution tue ;  etc. Mais le ridicule ne tue pas encore. Enfin pour l’instant.

Alors la prochaine fois que vous entendrez hurler des pseudo-ONG bidons hurler pour le respect des droits de l’homme dans le monde, cherchez plutôt qui est le commanditaire de cet avatar des pleureuses stipendiées des funérailles antiques. Tout se vend, même les larmes. Surtout les larmes à la télévision ou en vidéo.

Le bon, la brute et le truand se chamaillaient pour l’oseille. Aucun des trois n’est moral. Bienvenue au vrai Far West ! 

 

 

Publicités

Catégories :Analysis

20 réponses »

  1. A propos de MBS : Le Prince Prodigue ou les Aventures de la Scie et de l’Acide Sulfirique dans un Consulat sis à la Sublime Porte
    Trompette — Puis-je te traire, ma sanguinaire mais chère vache laitière, j’ai besoin de quelques centaines de milliards de notre monnaie de singe !
    MBS — Oui, mais vous devez d’abord me sauver de ce mauvais rêve pire que ceux que provoque le kaptagon, mon mauvais génie et imminence grise, votre gendre, m’avait promis l’impunité, je ne vois pas de mal à scier un journaliste du moment que l’on me permet de provoquer le trépas de dizaines de milliers d’enfants yeménites par la famine.
    Trompette — Ma petite vache, tu ne comprendras jamais rien et il est trop tard pour commencer. Tu t’es fais piéger par la CIA, les Turcs et ainsi de suite. La transaction du siècle est dans la merdre. Ta famille complote pour te démettre. Les Turcs, pas pressés, distillent à petit feu chaque jour les turpitudes de ton équipe de bras cassés, tous les uns plus bêtes qe les autres. Ton père, hors-circuit, ne peut même pas t’administrer une fessée bien méritée. Donc, je fais ce que je peux pour te sauver, j’ai l’état profond aux fesses, (le WP, le NYT et toute la presse mainstream en font partie, mais je me demande pourquoi je te dis ça, tu n’y comprendras rien de toute façon) ; donc, aujourd’hui même, j’ai renié toutes les soit-disant valeurs qui fondent l’Amérique (auquelles je n’ai jamais crues, seul l’argent compte chez-nous) pour tenter de sauver un crétin de ton genre qui possède par hasard des milliards de dollards. Donc, présente-toi !
    MBS — Me voilà, trayez-moi à loisir !

    Aimé par 3 personnes

  2. Juste un mot à propos de Malthus, ô combien diffâmé par les progrssistes en général et Marx en particulier. L’histoire lui a donné raison : Homo Sapiens a perdu le contrôle du nombre de ses individus dont l’accroissement éléphantesque mène tout droit à l’extinction de la Vie sur Terre.

    Aimé par 1 personne

    • Malthus était un pasteur de l’église anglicane d’Angleterre . a son époque ou de par la loi il était fait obligation aux paroisses de nourrir et de loger les pauvres qui n’avaient pas de travaille .
      il voyait d’un mauvais œil le fait de devoir partager les revenues de sa paroisse avec les pauvres .
      il a donc écrit ses théories que l’on nommerais plus tard malthusianisme pour justifier son point de vue !
      _ si l’humanité s’est parfois retrouvée dans une situation délicate concernant la quantité de nourriture elle s’en est toujours sortie non pas comme le prescrivait Malthus en diminuant la population pauvres mais en exigeant des riches qu’ils partagent !

      Aimé par 2 personnes

    • Il ne s’agit pas de proposer quoi que ce soit, mais déjà de faire un bilan de l’activité humaine à travers l’histoire, ou plutôt de son errance millénaire. Homo sapiens, peut-être à cause d’un traumatisme paléontologique (risque d’extinction de l’espèce) a voulu se séparer de la nature et vivre dans un monde artificiel et mortifère afin d’assurer sa survie et sa sécurité. On voit qu’il est arrivé à une impasse, et menace présentement non seulement toute vie sur terre mais la sienne propre.
      Je voudrais juste faire quelques remarques.
      1) Le communisme selon Marx (société sans classes, sans état, sans argent, sans division du travail, sans division entre la ville et la compagne … ) n’a existé dans aucun pays du monde, on pourrait tout au plus parler de capitalisme d’état dans la Russie stalinienne par exemple, mais cela serait faux selon Marx qui aurait parlé d’un capitalisme sans capitalistes (Puisque, selon Marx, le Capital est un rapport social se résumant par A-M-A’ : valeur en procès, les capitalistes ne jouent aucun rôle pour la définition du capitalisme).
      2) Lorsque l’on va au fond des choses, on constate que communisme= capitalisme : même adoration des forces productives, de la production, de la consommation, de la technologie, de la science, du matérialisme, même haine de tout ce qui relève de la transcendance, de la nature (qu’il s’agit seulement d’exploiter), de la spiritualité, de l’ascétisme…Dans ce sens, comme dirait Hegel, le communisme fut une ruse de la raison capitaliste pour instaurer le capital dans des pays où il n’aurait jamais pris racine spontanément, Chine et Russie par exemple.
      3) L’accroissement démentiel de l’espèce menace l’espèce elle même de dégénérescence, sans parler de la sixième extinction des espèces animales et végétales causée par ce pullulement démesuré.
      4) Donc, la première réaction d’un homme sain d’instinct est de remettre en cause notre anthropocentrisme, de réfléchir aux moyens qui nous permettraient de revenir en arrière afin de vivre en harmonie d’avec la nature (animaux, végétaux, montagnes, mers, rivières…) dont nous faisons partie.

      Aimé par 1 personne

      • Concernant 4/
        ce serait un grand pas en avant et non un retour en arrière que de se décider de vivre en osmose avec la nature… mais quand on voit à quoi s’interessent les gens chez nous, (black friday entre autres débilités et ds l’immédiat) on se dit qu’on n’est pas arrivés !
        Donc ?

        Aimé par 1 personne

        • — Non, ce serait un grand pas en arrière, — nous sommes fatigués d’aller de l’avant, — nous savons où mène le Grand Bond en Avant, en Chine ou ailleurs, — nous voulons d’abord nous reposer puis retourner sur nos pas, afin de déterminer le moment où nous avons pris ce mauvais chemin, l’Impasse de l’Abîme. — A bas le Progrès, nous ne voulons pas de marchands de paratonnerres, car nous aimons regarder tomber la foudre. — A bas la technique, — Ce monde est trop bruyant, impossible d’avoir une minute de silence, ou bien d’écouter le bruit d’un torrant ou le chant des oiseaux.

          Aimé par 1 personne

            • Je n’ai pas eu le temps de développer ma réponse ce matin, mais maintenant je trouve plus utile de l’illustrer par une citation :
              « — A quoi bon s’attarder, se recueillir ? Allons de l’avant, toujours de l’avant ! Tout s’arrangera de soi-même.
              Les hommes ont fait fausse route, et ils en souffrent.
              Il semblerait que le premier et principal emploi qu’ils devraient tenter de leur energie, ce serait, non pas d’accélérer le mouvement qui nous a entraînés dans la pitoyable situation où nous sommes tombés mais de l’interrrompre. Il semblerait que c’est seulement en nous arrêtant que nous serions à même d’examiner cette situation et de retrouver la direction où nous avons à nous engager pour arriver au véritable bien, non pas d’une fraction quelconque de l’humanité, mais au véritable bien de l’ensemble de notre espèce, but vers lequel nous tendons tous en général et chacun en particulier.
              Mais quoi ! Les hommes inventent tout ce qu’il est possible d’imaginer, sauf la seule chose qui les peut sauver, et, sinon les sauver, du moins alléger leurs maux, cette chose qui consisterait à s’arrêter ne fût-ce qu’un instant, afin de ne pas accroître ces maux par la continuation d’une fausse activité. Ils sentent tout ce que leur situation a de déplorable et font l’impossible pour y remédier, mais l’unique moyen efficace pour le commencement de leur délivrance, ils n’en veulent en user pour rien au monde, et lorsque’on leur conseille, cela les exaspère plus que tout.
              S’il était encore possible de douter que nous nous sommes égarés, l’attitude adoptée par les hommes vis-à-vis du conseil de se recueillir, prouverait avec une clareté sans égale combien nous nous sommes égarés de la bonne voie, et combien notre situation est désespéréee »
              (Léon Tolstoi, Voyageurs égarés)

              Aimé par 1 personne

              • Je continue mon vagabondage primesautier. Je viens de me souvenir d’une excellente petite nouvelle d’Herman Melville : Le marchand de paratonnerres (et non de Venise comme certains l’auraient espéré), j’en extrais cette citation relative à mes considérations intempestives mais inactuelles :
                « — Soi-disant envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de et auprès de Jupiter Tonans, m’esclaffai-je, malheureux avorton qui vient ici pour t’entremettre, toi et ton bout de tuyau, entre l’argile et le ciel, crois-tu donc, parce que tu peux tirer une étincelle verte de ta bouteille de Leyde, que tu es parfaitement en mesure de détourner la foudre surnaturelle ? Ta tige rouille, ou se casse, et alors que deviens-tu ? Qui t’a donné, espèce de Tetzel, pour colporter à la ronde des indulgences qui contreviennent aux décrets divins ? Les cheveux de nos têtes sont comptés, comptés les jours de notre vie. Dans l’orage comme dans le soleil, je me tiens calmement dans les mains de mon Dieu. Arrière, faux négociateur ! Vois,le rouleau de la tempête s’est replié ; la maison est intacte ; et dans l’arc-en-ciel du firmament bleuje lis que la déité n’a pas le dessein de porter la guerre sur la terre des hommes.
                — Misérable impie ! » écuma l’étranger dont le visage s’enténébrait tandis que resplendissait l’arc-en-ciel, « je publierai partout tes idées sacrilèges.
                –Va-t-en ! Déguerpis prestement ! Si toutefois tu peux être preste, toi qui apparait par temps humide, comme le ver. »
                Les ténèbres de son visage s’approfondirent ; les cernes indigo s’élargirent autour de ses yeux comme à minuit, les halos tempêtueux autour de la lune. Il bondit sur moi, dardant vers mon coeur son appareil tri-fourchu. J’empoignai l’objet, le brisai, le jetai à terre, le piétinai ; et traînant dehors ce noir roi de la foudre, je jetai après lui son sceptre de cuivre coudé.
                Mais en dépit de la manière dont je l’ai traité, et bien que j’aie mis les voisins contre lui, le marchand de paratonnerres hante toujours le pays, voyageant par temps d’orage et faisant un beau commerce avec la crainte des hommes »

                Aimé par 1 personne

              • Décidément, les mauvaises idées ne s’arrêtent pas, chacune en amenant une autre, voici la dernière :
                « Puis le Duc cessa de l’interroger. A Augustin qui se lamentait, Violante écrivit : « Je reviendrai quand je serai un peu plus vieille. — Ah,répondit Augustin, vous leur donnez délibérément votre jeunesse ; vous ne reviendrez jamais dans votre Styrie. » Elle n’y revint jamais. Jeune, elle était restée dans ce monde pour exercer la royauté d’élégance que presque encore enfant elle avait conquise. Vieille elle y resta pour la défendre. Ce fut en vain. Elle la perdit. Et quand elle mourut, elle était encore en train d’essayer de la reconquérir. Augustin avait compté sur le dégoût. Mais il avait compté sans une force qui, si elle est nourrie d’abord par la vanité, vainc le dégoût, le mépris, l’ennui même ; c’est l’habitude »
                (Proust, Violante ou la mondanité)

                Aimé par 1 personne

Vos Réactions (Vous êtes totalement libres de vous exprimer mais les attaques ad hominem sont proscrites)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.