Analysis

Essouflement des gilets jaunes ou transformation des formes de lutte ?

Contrairememt aux cris de victoire des médias de la pensée dominante en France, le mouvement des gilets jaunes ne s’est pas essoufflé mais est en train de se transformer.

Les personnes qui croyaient vivre dans un État relativement « libre » ont découvert le véritable visage du régime politique en vigueur en France  :  une sorte de dictature fermée à peine déguisée sous un régime présidentiel à caste oligarchique évoluant en milieu clos.

La plupart des gens ne croient plus qu’un dialogue ou à un quelconque référendum populaire puisse changer la nature du régime en France et c’est là que réside le danger.

Dans le moyen terme, le mouvement des gilets jaunes a enclenché un mécanisme susceptible d’aboutir à une forme de désobéissance civile dans un premier temps, sinon une guérilla ou une forme de  rébellion armée.

La nature réelle du régime politique français étant criminelle, le pouvoir d’État, incapable de restaurer l’ordre via ses services de propagande et ses bras syndicaux et associatifs, pourrait déclarer n’importe quel mouvement similaire à celui initié par les gilets jaunes comme une organisation terroriste et donc mobiliser la force armée et l’ensemble des moyens de répression pour neutraliser toute contestation même légitime.

Pour l’instant le système est en mode panique. Il n’y a plus de gardes-fou et les populations sont de plus en plus apathiques aux messages et au matraquage de la propagande officielle. Pire, les syndicats et les associations sont démasqués comme étant de simples outils de contrôle socio-politique, servant de soupapes au service du pouvoir d’État.
L’essoufflement des gilets jaunes ne doit en aucun cas être considéré comme une bonne nouvelle pour les tenants de l’ordre. C’est un signe funeste annonciateur de graves troubles sociopolitiques à venir.

Le système peut sacrifier le fusible Macron ou l’un des membres du gouvernement si la situation empire. Cela ne changera rien au mouvement de fond initié en France.

On a oublié que l’État ne tient que grâce à la confiance de ses administrés. On y croit. Cette foi se manifeste par des représentations mentales et un sentiment d’appartenance et d’identification à une entité morale semi-fictionnelle. Une fois cette confiance minée, il ne reste que la dissuasion coercitive. Comme toute dissuasion, celle-ci se base avant tout non sur la puissance des armes mais sur des facteurs psychologiques impressionnant la psyché collective. Elle ne fonctionne que parce que les personnes et la collectivité y croit et a intérêt à sauvegarder l’ordre établi.
Une fois la confiance détruite, la dissuasion entre en action. Plus elle sévit sur la collectivité et plus elle engendre du ressentiment. Si a ce ressentiment j’ajoute un vif sentiment d’injustice, c’est la révolte ou la révolution.

Il en est ainsi depuis l’aube de l’humanité et ce, en dépit du développement des techniques de contrôle socio-politique et psychologique des masses.

Il aurait mieux fallu laisser les gilets jaunes s’exprimer. Or, le pouvoir a choisi de le réprimer et l’étouffer symboliquement.

Ce cas de figure rappelle ce qui s’est passé en Algérie entre 1940 et 1958.  L’autisme du pouvoir d’État vis à vis de simples revendications égalitaires et économiques a causé l’une des guerres d’indépendance les plus meurtrières , les plus sanglantes et les plus violentes du 20ème siècle.

Un tel scénario s’est produit dans ce qui était trois départements français.

Le même scénario existe aujourd’hui.

C’est pour cela que la joie des médias système s’apparente à la proposition naïve de Marie-Antoinette à la veille de la Révolution de 1789…La suite ne fut pas l’un des moments les plus beaux de l’histoire de France.

L’histoire ne pardonne rien. 

    

 

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Catégories :Analysis

43 réponses »

  1. témoignages de ce qu’il s’est passé le samedi 5 janvier 2019 à Nantes, à partir de 18h, en fin de manifestation:

    Il s’est passé samedi 5 janvier un événement d’une exceptionnelle gravité à la fin de la manifestation. Une séance de punition et d’humiliation collective dans une cour privée, à l’arrière d’une enseigne de fast food, le long Cours des 50 Otages. En dehors de tout cadre légal. C’était à 18H30, à la fin de la manifestation. Une trentaine de manifestants pris au piège par les gaz ont été molestés, d’autres frappés au sol à l’abri des regards. Un jeune homme a eu les deux chevilles fracturées en tentant de s’enfuir. Tous ont eu très peur.

    Témoignages :

    J., manifestante : « Un premier gazage nous a obligé à reculer avec un ami et sans s’en rendre compte, nous nous sommes retrouvés piégés, attaqués par la BAC. Ils ont lancés de la lacrymogène pour nous asphyxier sans qu’on puisse partir ! On ne voyais plus rien, on ne pouvait plus respirer, les gens couraient comme des lapins, et quand on regardait en l’air ça ne s’arrêtait pas de pleuvoir. On ne pouvait plus sortir du nuage. Je criais « stop arrêtez, on a compris ! » mais ça ne s’arrêtait pas.

    Un petit groupe s’est réfugié dans le resto près de l’Hippopotamus. Tout le monde était en train de s’étouffer, les gens étaient par terre, affalés sur les tables. Des personnes sont allées derrière le bar pour nous servir de l’eau, du Maalox … puis les salariés nous ont ouvert la porte de derrière, ce qui nous a permis de reprendre nos esprits. Certains sont ressortis par devant. Nous somme restés, pensant pouvoir passer par derrière… Mais les CRS sont venus nous chercher, en hurlant : « Plus personne ne bouge ! C’est fini les conneries!» On nous a obligé à nous allonger par terre. J’ai pris trois coups de matraque gratuitement. Autant vous dire que je ne représentai aucune menace. J’ai gueulé sur le mec pour qu’il arrête de me taper. Ils m’ont fait vider mon sac, viré le masque. Un CRS a voulu écraser mon téléphone… Décidément, il n appréciait pas qu’une femme puisse être là. On est sortis un par un, ils nous ont pris en photo avec une pancarte avec notre nom, prénom adresse. Je ne suis pas la seule à m’être pris des coups de matraque. On étais juste K.O. C’était de la vengeance pure et simple. »

    Une manifestante : « Vers 18H30 on décide avec mon copain de retourner une dernière fois avec le groupe de Gilets Jaunes vers la préfecture. Feu d’artifice, ambiance sympa, quand arrivent les lacrymogènes … On recule sur le boulevard, coincés par les CRS et la BAC de tous les côtés et obligés de se réfugier dans un restaurant en crachant nos poumons … On essaie de fuir par l’arrière cour et on constate qu’il n’y a pas d’issue. 5 minutes après, les CRS débarquent et avec une vingtaine de manifestants nous avons bien du rester 30 minutes allongés par terre par 3° avant que la BAC n’arrive et procède à l’identification par photo de tout le monde. Désormais, on est fichés dans leurs dossiers. »
    Un manifestant : « Fin de manif, nasse avec charges de la BAC et GLI F4. Gazage intense. Quelques dizaines de personnes environ se réfugient dans un fast food. Impossible de faire autrement, des palets de lacrymo rentrent dans la pièce. On voit des gens suffoquer, l’endroit est petit, il n’y a pas de fenêtres.
On entend des « je vais mourir ». Une issue est trouvée sur une cour, avec une porte de garage. Le bâtiment se retrouve cerné. Les condés arrivent : 20 mecs de la CDI [Compagnie d’Intervention]. Matraquage à tout va sur des mecs au sol. Les gens sont foutus au sol avec les mains sur la tête. Contrôles, photos et des interpellations. C’était très tendu surtout les blagues sur Zyed et Bouna, alors qu’il y a un transfo énorme dans la cours. Très flippant ! »

    Un manifestant : « Je fais partie des personnes qui étaient dans la cour. Une personne a été hospitalisée à cause de l’asthme. Nous nous sommes réfugiés dans le restaurant car l’air était irrespirable et on ne voyait plus rien… J’ai pu sortir mon téléphone discrètement. Ils m’ont menacé de jeter ou casser le prochain téléphone qu’ils trouveraient. On était piégés … Le chef des CRS a tapé un gars dès qu’il est rentré dans la cour. Il nous insultait. »

    Un photographe : « Énorme traquenard avec prise en sandwich. La BAC a vidé ses munitions et fait des tabassages. Certains, dont moi, ont eu de la chance de pouvoir s’en tirer. »

    vidéo de la scène dans le magasin:

    Aimé par 2 personnes

  2. oui Macron est un menteur patenté !
    Je le compare à un  »rémora  » ou poisson pilote
    Espèce de poisson parasite qui se colle à une proie bq plus grosse ! et profite de celle çi sans aucun efforts ! ( ce qu’il a parfaitement fait avec son prédécesseur).! et maintenant avec le peuple Francais ! Jusqu’à quand ? c’est aux gilets jaunes d’agir ! il est peut être déjà trop tard ! sic..

    Aimé par 2 personnes

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