Editoriax IX/2018

L’Afrique sclérosée, celle d’une Union Africaine sans utilité quelconque ou d’une Françafrique corrompue jusqu’à la moelle, semblait préoccupée par l’avancée chinoise dans le continent et son corollaire inévitable, la réaction militaire US. A tel point que cette Afrique des voleurs corrompus n’a rien vu venir lorsque les hommes de l’oligarque russe Evgueni Prigogine ont commencé à se déployer au Soudan, en Centrafrique et au Nigéria.

Des russes en Afrique ?

Le groupe paramilitaire russe connu sous le nom de Wagner et dont les hommes se sont illustrés en Syrie où ils ont essuyé de lourdes pertes à Deir-Ezzor sont aussi présents en République Centrafricaine, en Libye, au Soudan et au Nigéria.

A Bangui, les russes soutiennent indirectement Touadera et tentent de mettre fin au chaos habituel créé par la France à chaque fois qu’un de ses protectorats tombe sous la coupe d’un chef de clan « ingrat » et « indocile ».

Cette pénétration russe dans ce qui semble être le pre-carré traditionnel de Paris est perçue avec stupéfaction par les vieux dinosaures antédiluviens de la diplomatie moribonde française et ce, en raison de la nouveauté des méthodes employées par les russes, jugées futuristes et s’inspirant de ce que font les États-Unis au Moyen-Orient.

Les chinois construisent les infrastructures en Afrique, les russes viennent d’y mettre un pied pour y aider à l’émergence de régimes pouvant se défaire du système neocolonial d’exploitation archaïque.

C’est le front africain. La réponse géostratégique russe à la guerre de l’OTAN sur les marches occidentales de l’ancien empire soviétique (l’Ukraine) et aux tentative de destruction des verrous stratégiques du Levant, en prélude à un embrasement du Caucase et de l’Asie centrale.

Après les fronts ukrainien et syrien, c’est sur le front de l’Afrique centrale, s’étalant de Bangui jusqu’aux rives du Congo, théâtre d’un conflit pour les ressources rares que se croisent les fers des puissances du monde post-moderne de l’ère post-globalisation.

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